Défendre nos idées et faire aboutir nos projets


Auteur : Paul Hascoët, paysan bio à Dineault, président de la FRAB.

Ces dernières semaines, le pouvoir politique a réagi rapidement suite à la crise financière et nous avons découvert le trésor caché qui va permettre de sauver les systèmes bancaires, financiers et spéculatifs.
Paradoxalement, lorsqu’il faut trouver des sommes bien plus modestes pour tenter de venir en aide aux plus démunis sur cette Terre, la tache semble impossible.

Cela ne peut qu’inspirer un profond dégoût de cette civilisation incapable de respecter des valeurs qui nous unissent entre semblables.
Le partage des ressources est pourtant l’une des solutions évidentes pour venir à bout de la faim, la misère et, au final, respecter notre planète et tout ce qui y vit.
Malheureusement, les nantis qui nous gouvernent se refusent à comprendre et à reconnaître que cette société de consommation génère finalement beaucoup trop d’injustices et de pollutions au niveau mondial. Il est indécent d’entendre ces mêmes pays riches se plaindre d’entrer en récession, alors que près d’un milliard d’êtres humains souffre de sous nutrition dans des pays en voie de développement.

Et pourtant, chacun à son niveau a l’impression de faire ce qu’il peut. Nous, paysans bio, nous sommes engagés dans une agriculture propre, refusons les OGM, et défendons une plus grande solidarité entre les paysans et avec les consommateurs.

Pour défendre nos idées et faire aboutir nos projets nous avons mis en place des GAB dans chaque département. Pourtant dans une conjoncture où la bio est appelée à se développer, nous sommes confrontés aux plus grandes difficultés pour clôturer les budgets de nos structures.
En effet, l’Etat et la profession conventionnelle ne reconnaissent pas notre légitimité à garder notre place dans le développement de la bio, et, à elle seule, la chambre d’agriculture capterait les 5/6 des fonds professionnels, pour atteindre les objectifs fixés par le grenelle de l’environnement. C’est pourtant une tache que nous devons voir financée de façon équilibrée compte tenu de notre présence importante sur le terrain. Les mois à venir vont être cruciaux pour l’avenir de nos structures : l’engagement des paysans bio à se défendre sera déterminant.