Lait bio. Faut-il parler de crise ?

Le des agriculteurs de Bretagne organise des rencontres débats autour du sujet de la filière laitière .

Secteur à fort développement depuis plusieurs années, la filière fait aujourd’hui face à un important enjeu d’équilibrage entre volumes produits et consommations des marchés. Pour répondre aux questions auxquelles face face la filière lait bio aujourd’hui, nous organisons 3 événements en région :

20 octobre – 20 h 30 – Salle de la confluence à Betton (35)
Inscription : s.joly@agrobio-bretagne.org

23 novembre – 14 h, La Ferme du Menezy, à Crédin (56)
Inscription o.tremblay@agrobio-bretagne.org

Décembre – région de Saint-Brieuc (22)
Inscription : g.michel@agrobio-bretagne.org

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Notre vision de la situation actuelle

« La « crise du lait bio » agite le monde agricole depuis plusieurs semaines. Face à cet emballement, le réseau des Agriculteurs bio incite à la prudence et à regarder l’évolution de la filière sur le long terme.

« Dans l’Ouest, le développement de la production laitière s’est toujours fait par à-coups, au gré des vagues de conversion. Les arrivées massives de lait bio ont laissé place à des périodes d’accalmie, parfois synonymes de manque de volume. Ce cycle d’évolution du marché par pallier dure depuis plus de vingt ans.

« Aujourd’hui, les opérateurs jouent la prudence en incitant à la réduction des volumes (surtout au printemps) et ralentissent, voire stoppent momentanément les conversions. Ceci leur permet d’absorber les excédents de production des fermes passées en bio en 2018-2019 et de contrer un effet Covid qui a perturbé le marché national.

« Face à ces réactions court-termistes, il est nécessaire que les producteurs et productrices bio s’investissent dans leurs filières, y compris en circuits longs, notamment via les organisations de producteurs. Ainsi, les efforts collectifs consentis pour modérer les volumes ont limité les effets de déclassement et permis de maintenir le prix payé sur les précédentes années : ne répétons pas les erreurs du conventionnel. Mais plutôt que de gérer des volumes, ne devrait on pas gérer la matière utile, sachant que 95 % de la matière grasse est valorisée en bio contre 75 % de la matière protéique ?

« Ne perdons pas de vue que le phénomène reste ponctuel et conjoncturel. Réfléchissons à long terme. Certes les ventes ont baissé en 2021, mais il faut remettre les en perspective. La crise sanitaire 2020 en a fait une année exceptionnelle en tout point. Les pics de consommation de 2020 ne peuvent donc servir de référence pour apprécier une dynamique de marché et de filière.

« Le marché est dynamique, et il faut penser à l’avenir de la filière. 40% des éleveurs et éleveuses bio ont plus de 55 ans. Une donnée qui ouvre des perspectives considérables d’installation ou de conversion d’ici 5 à 10 ans. Il serait alors dommage que la régulation des volumes de lait bio se fasse faute de repreneurs.

« On sait également que les fermes laitières bio, qui représentent 1 ferme bio sur 5 en Bretagne en 2020, vont changer de visage : probablement plus de surface végétale, moins d’animaux, de la diversification, de futurs éleveurs et éleveuses non issus du milieu agricole… mais aussi des fermes plus grandes qui parfois s’automatisent. Tout l’enjeu sera de garder les fermes bio en bio !

« Nous vous livrons ici des chiffres et une analyse de filière qu’il faut encore une fois aborder avec l’idée que 2020 ne peut être une année de référence pour observer sa dynamique. »

Sonia Fretay, éleveuse bio à Saint-Georges de Reintembault (35), membre de la commission ruminants du réseau -FRAB