La FRAB a osé le débat le 20 mars à Lorient

Le réseau FNAB poursuit sa campagne , lancée à l’automne à Paris, en collaboration avec et . Le 20 mars dernier, la , comme d’autres régions, a relayé cette campagne, en organisant, un à   autour de l’objectif des 20% de bio en 2020, avec la présence de représentants des partis politiques. Plus de 70 personnes étaient présentes.

Le Grenelle de l’environnement affichait l’ambition pour la France d’atteindre 6% de surface en bio en 2012 et 20% en 2020. Aujourd’hui, le constat est sans appel : malgré le développement de l’agriculture biologique, l’objectif des 6% ne sera pas atteint et on est encore loin des conversions nécessaires pour atteindre les 20% d’ici 2020. Les élections présidentielles et législatives de cette année, sans oublier la réforme de la PAC, offrent l’occasion d’interroger les différents partis sur leur volonté politique en matière de développement de la bio. C’est dans cette perspective que la FNAB, Terre de liens et Bio Consom’acteurs ont travaillé à la réalisation d’un cahier de 20 propositions.

En Bretagne, à l’invitation de la FRAB, (Front de gauche), (UMP), (PS) et (Europe Ecologie Les Verts) ont accepté de livrer leur vision politique sur les problématiques de l’accès au foncier, de l’accessibilité des produits bios aux consommateurs, ou encore sur les leviers à activer pour accélérer les conversions.

En préalable au débat, la FRAB avait sollicité l’intervention de Jacques Caplat, ingénieur agronome, fils d’agriculteur, ancien conseiller agricole de terrain, puis chargé de développement. Celui-ci a souligné la nécessité «d’une réflexion à l’échelle mondiale, et l’impasse du modèle conventionnel». Selon lui, «les causes de la faim dans le monde sont davantage liées à des problèmes de distribution que de production et la question des rendements est finalement relative car on confond productivité et rendement». Pour l’auteur de «L’agriculture biologique pour nourrir l’humanité», «la bio est une alternative à grande échelle, mais la transition peut prendre du temps».

L’avenir de la bio est donc à construire. Reste à savoir comment? , président de la FRAB a mis en avant «une bio qui a du sens. Une bio qui répond aux attentes de la société, sur l’emploi, sur l’économie locale, sur l’environnement. Une bio qui peut répondre à la question fondamentale de la souveraineté alimentaire des peuples.»

20% de bio en 2020 : un objectif partagé

L’objectif fixé dans le Grenelle est maintenu par les 4 groupes politiques représentés, même si tous n’y voient pas les mêmes enjeux. Pour l’UMP, ça dépendra du marché de la bio. Si le marché est là, il faut y répondre, sinon…

Pour les autres groupes, la bio fait partie d’une nécessaire évolution de l’agriculture et ils reconnaissent le rôle de la bio dans l’évolution de l’agriculture conventionnelle.

L’accès au foncier : un problème majeur

Parmi les propositions de la FRAB et de son réseau figure la réforme des modes de gouvernances des instances de gestion du foncier. En principale ligne de mire, les SAFER. Le réseau souhaite que les SAFER retrouvent leurs prérogatives initiales et soient un véritable outil de réorientation agricole. L’activation du droit de préemption pour motif environnemental est notamment proposé.

Ces propositions ont rencontré un avis plutôt favorable du PS. Le Front de Gauche et Europe Ecologie se sont dits, eux, prêts à les signer des 2 mains, alors que l’UMP a rappelé l’importance du droit à la propriété. Pour Françoise Louarn, l’avenir de la bio passe plus par les conversions des fermes en place, et c’est l’AEI (Agriculture Ecologiquement Intensive) qui réorientera progressivement les agriculteurs vers la bio, ainsi que le «paquet vert» prévu dans la prochaine réforme de la PAC.

• Soutenir la consommation bio par une baisse de la TVA sur les produits bio

«Pourquoi pas ?» a répondu Monique Danion à cette proposition portée par la FRAB. «Je suis pour !» a complété Françoise Louarn. «Bonne idée !» a déclaré Sandrine Le Luel. Quand à René Louail, «la diminution de la TVA, c’est bien évidemment un levier et il faut aller plus loin. Il faut la mise en place d’outils de transformation au niveau local.»

Pour tous, la restauration hors domicile doit également être un levier à activer.

• Soutien à la production en bio : l’enjeu de la réforme de la PAC

A la question des moyens mis au service du développement de la bio, l’UMP a à nouveau marqué sa divergence sur les propositions de la FRAB : réforme des chambres d’agriculture, réorientation des financements publics agricoles, orientation des taxes sur les pesticides vers la bio, ne sont pas des solutions envisagées par l’UMP, qui maintient que la solution se trouve dans l’AEI et dans les dispositifs déjà existants de soutien de la conversion.

A contrario pour Europe Ecologie, les 12,5 milliards d’euros annuels de budget agricole (Europe + Etat) doivent être ventilés autrement. Actuellement, une grande partie va aux céréaliers et aux élevages et une part minime à la bio. Pour René Louail, il faut «arrêter de faire du saupoudrage, mais accompagner réllement un projet et ne pas faire croire qu’on peut accompagner tous les types d’agriculture». EELV demande des outils de régulation des marchés. «Nourrir le monde n’est pas un objectif pour l’Europe, même Luc Guyau est d’accord maintenant». C’est pourquoi EELV demande des aides légitimes et réorientées, et non pas plus d’aides. «La nouvelle majorité au pouvoir doit obéir à la société et non à des lobbys.»

Ce débat régional, riche et animé, contribue à la réflexion nationale menée par la FNAB, qui se poursuivra jusqu’aux élections présidentielles et législatives. Pour en savoir plus sur les événements de la campagne «Osons la Bio !», rendez-vous sur le site de la FNAB : www.fnab.org, rubrique Evénements.

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